« L’émotion est à la décision ce que la posture est au geste…
Devant un ensemble de choix possibles la préférence prépare nos actes comme la posture précède nos mouvements »
Alain Berthoz : La décision
« La préférence est imagination au futur, projection vers les conséquences de l’action, mémoire du passé utilisée pour prédire l’avenir, c’est un subtil mélange de réactions archaïques et d’imagination féconde et vivante. Comme l’eau de La fontaine, la préférence est à la fois désir de sauter et de rester, évocatrice de la source et aspiration au retour à la terre d’où elle a jailli. »
A. Berthoz : La décision (p323)
1 L’usage
L’usage est de considérer le processus de décision comme un processus rationnel, croyance, qui alimente cette pratique des listes « pour ou contre ». Pourtant les colonnes qui partagent une page en deux parties, l’une listant les raisons de faire X l’autre colonne de faire Y, laissent souvent les personnes qui se sont attelées à cet exercice dans un état de flottement peu aidant en particulier quand ces colonnes s’équilibrent et mais même dans le cas contraire.
Le questionnement sur la manière dont nous prenons des décisions, faisons des choix, a trouvé quelques échos en Philosophie morale et pratique (et dernièrement en neuro psychologie) pour ce qui concerne les décisions individuelles, et ce questionnement a repris de l’importance aujourd’hui à propos des décisions qui touchent à la collectivité et à l’avenir. Le développement des moyens technologiques nous rend en effet capables d’améliorer ou de détruire notre environnement (climat, pollution, etc…) et, du coup, peser le poids de nos décisions collectives est devenu une urgence.
2 Préalables
Ce texte n’est pas un essai pour faire un point rapide et assurément non exhaustif sur ce thème mais il est plutôt une tentative de soulever des questions concernant les processus de décision tant au niveau individuel qu’au niveau collectif .
- Il faut tout d’abord noter la différence entre plusieurs sortes de décisions selon l’ampleur des conséquences qu’elles impliquent mais également selon les valeurs attachées à ces décisions. Il est rare de faire un tableau de décision concernant le fait de choisir fromage ou dessert au restaurant sauf dans les cas de personnes ayant des difficultés pathologiques à faire des choix. L’enjeu attaché à une prise de décision fera donc toute la différence entre une décision prise de façon réflexe ( se mettre à courir face à un danger) et une décision mûrement réfléchie (changer de travail, de maison, de partenaire…).
- Il faut noter également que tous les animaux possèdent des capacités de décision, de l’amibe qui avance ou recule ( attraction et répulsion sont des propriétés de tout le vivant) , au poisson qui choisit une direction pour s’enfuir devant son prédateur, au chien qui décide de dormir à l’ombre plutôt qu’au soleil… Ce qui différencie l’homme de l’animal par rapport aux processus de décision est sans doute la participation de son entendement, et de sa réflexion à ses choix. L’âne de Buridan, qui meurt de faim parce que ne pouvant pas choisir entre deux picotins d’avoine, a sans doute trop fréquenté les humains. Trop de réflexion nuirait à la décision ? Il est clair que quand il s’agit de danger, d’alerte, de survie nous retrouvons les capacités archaïques des réponses rapides : quand ma main s’approche du feu je la retire sans avoir besoin de réfléchir. C’est la structure archaïque de la décision qui se complexifie et se ralentit dés lors que la réflexion s’en mêle.
- Précisons aussi que nous faisons sans arrêt des choix et que nous prenons des décisions constamment ( nous verrons plus loin la différence entre ces deux notions). Quand je regarde, je choisis ce que je regarde, quand je me lève, quand je m’assois, quand je me mets à parler, quand je change de route, quand je m’arrête, quand je ne fais rien …. je choisis. Ce qui peut faire obstacle pour savoir s’il faut nommer choix ou décision ces comportements est leur nature peu consciente et réfléchie. J’avais pourtant le choix entre lever le bras pour attraper le livre sur l’étagère ou ne pas le faire. C’est le nombre de processus semi-conscients ou inconscients à l’oeuvre dans un geste qui nous empêchent de les définir d’emblée comme des choix.
- Ainsi, La perception est une décision. Du monde proche qui m’entoure je ne regarde qu’une infime partie, par incapacité à embrasser l’ensemble tout d’abord, mais aussi par choix. Nous pourrions dire alors qu’il s’agit d’un choix involontaire, une sorte d’obligation que nous imposerait notre système naturel de perception : je tourne la tête et mon champ de perception change, confirmant en cela que je ne regardais que ce que mon positionnement physique ou mental me permettait de voir. Volontaire ou involontaire notre perception est partielle et elle ne saisit que les formes globales. Je vois la vague mais je ne vois pas d’emblée l’infinité des micro molécules d’eau qui la composent.
Cette manière de décrire notre capacité à voir fait écho à ce que Leibniz disait concernant notre position dans le monde : ce n’est pas notre subjectivité qui nous fait voir le monde d’une certaine manière, c’est notre position dans le monde qui crée notre subjectivité.
- Autre préalable : certains auteurs ( Aristote, Descartes, Charles Pépin plus récemment) distinguent la notion de choix de celle de décision. On parlerait de choix quand ce qui nous attend sur le chemin A et sur le chemin B est connu. Le choix de A ou B serait donc lié à notre savoir suffisant quant aux deux directions possibles. On parlerait de décision quand le savoir concernant A ou B n’est pas suffisant. La décision serait donc liée à une prise de risque, à une sorte de saut dans le vide accepté en tant que tel et lié à notre ignorance.
« Décider c’est compenser la limite de son entendement par la puissance de sa volonté et de sa liberté ».
René Descartes.
« L’instant de la décision est une folie »
( attribuée à Soeren Kierkegaard)
3 Questions et Définitions
- Le choix appartiendrait donc au régime de la rationalité, la décision au régime de la volonté ? de l’émotion ? du désir ? Nous choisissons le chemin A parce qu’il mène à Marseille et que c’est là où nous voulons nous rendre et pas le B qui mène à Paris là où nous ne voulons pas aller. Le choix est donc une confirmation d’une direction déjà prise. Je choisis le fromage plutôt que le dessert parce que je ne dois pas manger de sucre, je choisis le canapé bleu parce qu’il va aller avec les couleurs des murs de mon salon. Le choix assure une continuité avec la tendance en cours et les valeurs déjà posées comme importantes. Le choix ne demande pas de choisir : il éclaire mes tendances.
- La décision instaurerait une forme de rupture avec ce qui était déjà là par manque d’informations sur les choix possibles, leurs conséquences et mes valeurs. La décision supposerait un terrain obscur, un flottement dans les possibles ?
- Mais il y a des choix que nous n’avons pas : nous pourrions par exemple être obligés de prendre le chemin B parce que le chemin A est impraticable : nous disons alors que nous sommes contraints. Dans ce cas nous avons perdu un peu de liberté. L’irrésolution étant, selon Descartes, le pire des maux, dirions-nous alors que nous avons choisi de prendre le chemin A ? Une affirmation qu’il serait difficile de soutenir. Ajoutons à cela que rester devant les deux chemins, ne rien faire, comme l’âne fameux qui en est mort, est aussi un choix comme prendre le chemin A quand même . La notion de choix semble se vider d’une vraie consistance au fur et à mesure qu’on l’explore et elle entretient une confusion quant à la nature du mouvement mis en route. Choisir serait donc persister à marcher sur le chemin sur lequel l’on marche déjà ?
- Les animaux choisissent, c’est à dire suivent une direction en fonction de signaux d’alerte ou de besoin, mais ne décident pas. Décider appartient au régime de l’homme parce que l’homme mesure son ignorance, ce que ne font pas les animaux. Mesurer son ignorance c’est être conscient des possibles et de l’imprévisibilité de leur évolution. Face à l’infini des possibles et des conséquences qui leur sont liées, on ne s’étonnera pas que le processus de décision crée une sorte de mise en suspens de l’action, un vertige devant le vide. Le besoin de sécurité, de prévisibilité s’accorde très peu avec le temps de la décision. De tout temps les hommes ont regardé le ciel avant de décider de sortir ou pas. Ce qui a profondément changé ce sont nos techniques de prévisions météorologiques.
- La différence entre choix et décision, habituellement renvoyée à la différence entre savoir et non savoir, mériterait d’être questionnée plus avant. Si le choix est lié au savoir il n’est plus un choix mais une confirmation, dans la ligne de Socrate démontrant que l’homme qui connait le bien ne peut pas faire le mal, ou dans la ligne de Spinoza et du conatus comme développement de soi (pas du désir au sens trivial mais de la connaissance de ce qui est juste, vrai et qui permet de développer son être).
Si la décision est liée au non savoir alors elle est liée à la manière dont nous concevons les possibles et le futur. Et la différence majeure entre les deux est que le choix est une pensée, la décision un acte. Et quand nous prenons le chemin A parce le B est impraticable ou interdit, alors nous décidons de prendre ce chemin. Le choix disparait devant la décision.
4 Que disent les philosophes et Que disent les neuro-psychologues ?
En philosophie morale et pratique les deux courants qui ont proposé des théorisation de la prise de décision sont :
- d’une part un courant dit volontariste liant la décision au travail de la volonté, de l’engagement pour faire face à l’indétermination, au manque de savoir sur ce qui va arriver. Avec les avancées d’Antonio Damasio ou d’ Alain Berthoz, ce courant préparait la place qu’on laisse désormais à l’émotion, la mémoire dans ces processus décisionnels.
- d’autre part un courant dit intellectualiste qui conçoit la décision comme un calcul, une déduction rationnelle et probabiliste. L’anticipation des conséquences de la décision est alors une prédiction appuyée sur des probabilités raisonnées et sur une représentation d’un futur suffisamment prévisible.
1 On pourrait relier les recherche actuelles en neuro-sciences au courant volontariste dans la mesure où ce qui est décrit par Alain Berthoz, par exemple, comme processus décisionnel est :
- une hiérarchie dans les types de décisions : des plus simples, quasiment réflexes, qui ont leur source dans le fonctionnement de l’amydale aux plus complexes qui articulent les fonctions de l’amygdale et du cortico-frontal. L’amygdale est la fonction mentale qui permet de définir automatiquement la valeur de la perception en cas de danger ou pas. Quand je vois une forme allongée et grisâtre sur le chemin, j’ai d’abord un mouvement de recul : « C’est peut être un serpent ! », animal inscrit dans ma mémoire (individuelle ou culturelle) comme dangereux.
- Les fonctions en cours dans la zone frontale de mon cerveau vont rectifier ma perception et lui donner une autre valeur : ce n’est qu’un morceau de bois par exemple. La valeur donnée par l ‘amygdale est corrigée par mes fonctions cognitives.
- Il existe également une zone frontale précise qui va intégrer les résultats de cette réévaluation et les mettre en mémoire.
- Les décisions de plus grande complexité articuleraient ainsi les fonctions archaïques profondes du cerveau émotionnel et les fonctions cognitives frontales plus récentes dans l’évolution
- L’émotion est donc un outil de la décision, un indicateur nourri par le passé, vécue au présent et préparant au futur, de ce qui nous sauvegarde. Elle prépare à l’action future.
« Je dirais volontiers que l’émotion est à la décision ce que la posture est au geste. L’émotion est la préparation à l’action, elle établit le contexte dans lequel est vécue l’action. Elle est créatrice d’un monde qui résout les conflits, d’un monde possible, acceptable pour notre cerveau, ses désirs, ses contraintes, ses espoirs. Au fond les émotions sont comme les couleurs : elles catégorisent le monde et simplifie la neuro-computation. Dans l’infinie complexité du monde physique elles aident le cerveau à catégoriser ».
( La décision . Alain Berthoz p323 )
Ici bien entendu, c’est bien au-delà de la notion de volonté que les aspects psycho émotionnels et affectifs vont jouer dans les prises de décision. Mais il reste à comprendre comment cette collaboration entre les aspects émotionnels et cognitifs vont causer et déterminer les actes conséquents aux décisions (toute la question des liens entre le champ mental et le champ physique ! ), à moins que celles-ci ne soient déjà des actes virtuels.
2 Dans le courant intellectualiste la décision est un calcul. Si je ne sais pas vraiment ce qui m’attend si je choisis le chemin A ou si je choisis le chemin B. Alors avec le peu que je sais, en tirant les leçons de mon savoir à-propos de ce qui a déjà eu lieu, je vais pouvoir calculer les probabilités de ce qui va m’arriver sur le chemin A et sur le chemin B. L’émotion n’est pas absente ici, elle fait simplement partie du calcul.
Deux thématiques peuvent surgir à partir de ce positionnement :
- La représentation du temps :
Ce courant intellectualiste s’appuie sur une conception, une image du temps comme linéaire. Ici le temps serait une continuité, passé, présent, futur formant une ligne droite garantissant la capacité de véracité de nos prédictions. Il pourrait s’agir dune illusion de contrôle de l’advenir. Cette illusion ne peut persister qu’en ignorant le caractère imprévisible des systèmes complexes et la naïveté de l’aspect stratégique de nos interventions. La théorie du chaos a montré qu’un infime changement dans les conditions initiales d’un phénomène pouvait changer sa trajectoire et faire échouer nos prévisions. Un système décisionnel fondé sur le calcul n’échappera pas aux lois du chaos.
- Le modèle interne :
Les prévisions et les calculs concernant les effets d’une décision sont fondés sur les éléments présents au moments de cette prise de décision. Le calcul des risques dans le futur est pensé dans le prolongement de ce qui existe déjà. Si l’on définit le présent et les informations qui lui sont associées comme un modèle, alors penser à partir de ce modèle revient à rester à l’intérieur de celui-ci, et à le confondre avec la réalité. Comme nos perceptions sont assujetties à notre position physique, nos modèles internes sont assujettis à nos représentation de la réalité. Ces manières de penser le futur éliminent toute possibilité de création.
« L’anticipation est bloquée dans ses formes dominantes de rationalité qui rabat tant l’inconnu sur du connu, ne trouvant dans le futur que la continuation réglée du présent. Négligence qui fait l’épaisse texture de l’histoire des cultures. »
Jean pierre Dupuy
Toute anticipation devrait donc remettre en cause les fondement de cette logique.
Ainsi les processus décisionnels aussi bien individuels que collectifs se fondant essentiellement sur ces prospectives et ces anticipations calculées, malgré leur caractère pseudo rassurant, en se projetant sur un temps futur calqué sur le temps présent, passent sans doute à côté de ce qui fait l’essence de la décision c’est à dire sa capacité de créativité.
5 La décision est une création :
Revenons sur la différence entre choix et décision.
- Le moment du choix est une mise en lumière de ce que l’on sait ou croit savoir. C’est le déploiement de l’éventail des alternatives. Ce chemin ou l’autre ? C’est un éventail dont les limites sont le nombre de choix proposés, choix qui ne sont pas toujours égaux par rapport aux informations connues. Certaines alternatives sont plus claires que d’autres, mieux définies. Le savoir n’est pas toujours bien réparti entre tous les choix possibles.
Le temps du choix est donc un temps de la connaissance, de l’entendement, de la réflexion. C’est le régime de la pensée.
- Le moment de la décision est celui de l’action. C’est le moment du saut dans l’un des choix possibles. Que le chemin soit bien informé alors le saut se fait invisible, insensible et que le chemin soit incertain et le saut devient sensible. Comme si on ne pouvait pas distinguer choix et décision par la quantité de savoir présente ou pas qui leur préside mais plutôt par la différence entre pensée et action. Le choix étant toujours suivi d’une décision plus ou moins sensible ( en termes de sécurité et de savoir)en tant que telle. Ce que l’on nomme risque est alors le nom de cette sensibilité.
Vouloir savoir pour décider est donc un énoncé qui perd du sens. La décision n’a en fait pas besoin du savoir. On peut décider de prendre un chemin dont on ne connait rien. Ce qui ne signifie pas qu’il serait bon de décider de tout sans se poser la question des enjeux des décisions à prendre. Il y a une complémentarité entre savoir et décision. Le savoir servant de limite et de sauvegarde.
Mais il existe une caractéristique essentielle de la décision qui empêche de la rabattre sur le savoir.
- Dans le courant intellectualiste la décision est superposée au choix. Elle doit se fonder sur les savoirs du modèle interne et les calculs probabilistes. Or, si l’on remet en cause les postulats du modèle interne et la croyance à un contrôle du temps (futur se déployant dans la ligne du présent) et qu’on intègre des modèles du temps comme celui de la physique quantique, la représentation des processus de décision change et intègre au passage la notion d’imprévisibilté de l’évolution des systèmes dynamiques. En physique quantique, en effet, le présent est comme la tige d’une plante qui pousse, il se renouvelle sans cesse en temps que présent ( métaphore empruntée à Etienne Klein : Conférence : Faut-il savoir pour décider ). Le travail de la prospective ne peut pas être fait une fois pour toute, il doit sans cesse se renouveler.
- Du coup la décision n’est plus confirmation d’un choix mais découverte d’un autre monde. Elle ne se ramène pas au possible, elle crée le possible et nous extrait du modèle interne. Ce n’est pas le chemin qui accueille le premier pas, c’est le premier pas qui crée le chemin. Si je décide de prendre le chemin qui mène à Aix parce que le chemin que je voulais prendre pour aller à Marseille est fermé, alors peut-être vais-je découvrir un raccourci pour Marseille sur ce chemin, une autre manière d’aller à Marseille ou bien encore je vais apprendre que je voulais en fait aller à Aix, ou encore que le chemin pour Aix m’amènera à changer encore de route…
- Bref, la décision est le moment de la création et pas le moment du calcul. Leibniz ecrit que Dieu calcule le monde dans lequel l’équilibre entre bien et mal est le meilleur possible puis décide de créer ce monde qui va lui échapper alors parce que ce monde est comme une étoffe qui va se déplier à l’infini et que Dieu lui-même ne peut avoir la connaissance de son évolution.
6 La décision est un saut
Il reste le mystère de ce qui déclenche le saut de la décision.
- Au niveau individuel : Prenons la métaphore du trapèze : quand le trapéziste doit lâcher la barre à laquelle il est accroché pour attraper la barre que lui lance son partenaire, au moment où il lâche la première barre il prend un risque. Il le fera parce qu’il s’est entrainé, qu’il a confiance en son partenaire, qu’il sait que la deuxième barre est solide… Mais imaginons maintenant que les conditions précédentes soient absentes tout comme une décision est toujours une première fois ( puisqu’elle invente le monde auquel elle permet d’accéder), que fera le trapéziste ? Il peut bien entendu refuser l’exercice et revenir à son point de départ . Il peut aussi accepter le risque. Comment est-ce possible ? Notre cerveau anticipateur va se mettre en route, lui montrer le film de sa réussite, lui faire sentir virtuellement les mouvements et le contact avec la deuxième barre et l’acte imaginé va déclencher l’action. La visualisation créant l’envie, le mouvement et la motivation, le risque va s’estomper au profit du plaisir.( cf. texte sur l’ImaginaCtion ). Cette anticipation motrice, cette imaginaCtion (cf. texte sur l’imaginaCtion dans ce blog), ne crée pas un programme. Ce qui suivra ne ressemblera peut être pas à ce que l’on avait imaginé, elle crée un mouvement et s’assure que le chemin ressemblera à un futur meilleur ( conforme à nos valeurs) et possible.
- Au niveau collectif : si les décisions sont prises en restant dans le modèle interne dominant elles ne créeront aucun possible. Il est difficile d’imaginer donner une place à l’écologie dans un système capitaliste (Murray Bookchin : Qu’est ce que l’écologie sociale). Si nous arrivons à sortir des impasses dans lesquelles nous sommes en train d’entrer, tant au niveau politique qu’au niveau social et écologique, c’est sans aucun doute la visualisation, l’imaginaire de mondes alternatifs qui donneront l’énergie nécessaire aux prises de décisions, celles qui changeront véritablement quelque chose à notre condition sociale, et qui accepteront l’imprévisibilité des évolutions pour se centrer sur la qualité du chemin à prendre.

Laisser un commentaire